"Le film est parti d’une ideÌ e treÌ€s simple : donner la parole, aÌ€ propos de la psychanalyse, aÌ€ ceux qui en ont fait ou font l’expeÌ rience ; ceux qu’on appelle les "analysants". Des gens ordinaires, comme vous et moi, qui souffrent dans leurs teÌ‚tes, dans leurs corps, comme tout le monde. Je voulais les entendre affirmer cette eÌ vidence, pourtant si souvent remise en cause, qu’il y a de l’inconscient, et que "il faut parler" - comme le dit un personnage du film – pour moins souffrir. En un eÌ cho modeste aux millions de pages de theÌ ories, parfois contradictoires, qui s’eÌ crivent depuis plus d’un sieÌ€cle aÌ€ partir des propositions freudiennes, je voulais eÌ couter la parole simple, courageuse, intelligente et intelligible de ces analysants. Je voulais tisser un propos d’ouÌ€ ressortirait ma vision de la psychanalyse. (...) Je voulais fuir la peÌ dagogie et la propagande, faire avec l’inquieÌ tude, deÌ couvrir l’eÌ trange qui apparaiÌ‚t laÌ€, dans ce cadre, entendre le tourment et parfois l’apaisement, ou le rire.
Quelqu’un dans le film dit que dans la seÌ ance d’analyse : "...votre parole prend toute la place et vous ne trichez pas avec la parole...". Ceux qui ont accepteÌ ma proposition de parler de leur psychanalyse dans mon film ne trichent pas. Ils ont accepteÌ , pour teÌ moigner qu’un mouvement vital est rendu possible par cette parole particulieÌ€re dans ce dispositif singulier qu’est la cure analytique. J’aime qu’au terme du film le mysteÌ€re de chaque personnage reste entier. Impossible de savoir ce qui s’est joueÌ , c’est indescriptible, irreÌ ductible. Je leur ai donneÌ la parole, ils m’ont donneÌ leur parole. J’aimerais que quelque chose advienne pour le spectateur sans qu’il sache ce qui s’est reÌ ellement passeÌ pour les personnages du film. Que, comme eux, il sente possible un acceÌ€s aÌ€ une vision plus poeÌ tique du monde." Judith Du Pasquier.