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Home / Regards sur le travail /

Nouvel article N° 962

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Manufactured Landscapes

Jennifer Baichwal, Canada, 2006

Depuis plus de trois deÌ cennies, le photographe canadien Edward Burtynsky croque les images d’une nature souilleÌ e par la pollution et l’industrialisation, qu’il deÌ veloppe ensuite sur des panneaux de treÌ€s grands formats. Dans le film, la cineÌ aste Jennifer Baichwal le suit lors d’un voyage en Chine, pays mythique dont Burtynsky voulait documenter les bouleversements industriels. DeÌ potoirs, terrains vagues, carrieÌ€res, mines, usines, mareÌ cages, il photographie ces ‘paysages fabriqueÌ s’ qui sont aÌ€ la fois matieÌ€re et deÌ bris
de notre civilisation. Par son travail, Burtynsky teÌ moigne des ravages d’une certaine mondialisation. Le film nous permet de meÌ diter sur l’impact profond de l’humain sur la planeÌ€te et d’eÌ‚tre teÌ moins des eÌ picentres d’une deÌ mesure industrielle contemporaine et des paysages lunaires de deÌ chets que celle-ci produit. Ce documentaire est aÌ€ la fois une oeuvre d’art et une reÌ flexion sur l’industrialisation, la mutation des paysages et la condition humaine.

Expo photo : Mains courantes - Laurent Thurin Nal

Anonyme,

“Tu te nourris alors du travail de tes mains ; tu es heureux et prospeÌ€re.†(Psaumes, 128 :2)

“L’histoire d’une vie, ses traces, marque le corps, et si les yeux sont les feneÌ‚tres de l’aÌ‚me, les mains en sont suÌ‚rement le reflet. La main de l’employeÌ diffeÌ€re-t-elle de celle du patron, celle de l’ouvrier de celle du contremaiÌ‚tre, celle du manuel de l’intellectuel ? Rares sont aujourd’hui ceux qui ont un meÌ tier, le travail est plutoÌ‚t une activiteÌ temporaire qui va et vient mais les blessures ou les apparences reÌ sistent parfois et deviennent des souvenirs, une meÌ moire qui orne les lignes de vie ou de cÅ“ur. Les images de cette breÌ€ve exposition sont les restes de ces regards tendres que j’ai poseÌ sur ces mains.†Laurent Thurin Nal.

Laurent Thurin Nal a exerceÌ de nombreuses activiteÌ s depuis sa naissance en France. Son ‘travail’ a eÌ teÌ d’eÌ tudier la philosophie, d’eÌ‚tre acteur puis reÌ gisseur, de reÌ aliser des films, d’eÌ‚tre portier de nuit, ou encore de passer son temps aÌ€ eÌ crire. Depuis une douzaine d’anneÌ es il est connu comme photographe de plateau au theÌ aÌ‚tre et au cineÌ ma, en Europe ou ailleurs.

www.laurent-thurin-nal.info

Francky et Nicolas au bord du travail

Bernard Bloch, France, 2005

Francky et Nicolas habitent La Courneuve. A travers les emplois que leur propose l’ANPE, ils essayent d’inteÌ grer la norme sociale, Francky par son premier travail aÌ€ l’hoÌ‚pital, Nicolas par sa formation en informatique. Ils sont dans un moment de bascule vers l’aÌ‚ge adulte. Leurs projets d’avenir se heurtent au regard de l’autre, au poids de l’heÌ ritage familial. Reconnaissance et appartenance sociales leur font deÌ faut.
Hors des clicheÌ s sur la banlieue en reÌ volte, deux histoires paralleÌ€les se construisent.
Pendant deux anneÌ es, le film approche le deÌ sir de ces deux jeunes de devenir eux-meÌ‚mes. Portrait sans concession de deux jeunes adultes pas tout aÌ€ fait preÌ‚ts aÌ€ entrer dans le monde actif.

Toyota, analyse d’une deÌ cision

Edwin Baily, Claire Doutriaux, France, 2001

Janvier 2001 : Toyota inaugure une nouvelle usine aÌ€ Valenciennes. La deÌ cision de son implantation dans cette reÌ gion de France est le fruit d’une treÌ€s longue et complexe neÌ gociation qui traverse tous les eÌ chelons de l’Etat. A travers des entretiens avec les personnes impliqueÌ es (de la direction de Toyota aÌ€ l’administration française), ce film nous montre les coulisses de ce rapport Etat-entreprises. D’un coÌ‚teÌ , il y a Toyota qui eÌ tudie avec une rigueur implacable chaque lieu d’implantation potentiel : qualification de la main-d’oeuvre, preÌ sence d’eÌ quipementiers, subventions potentielles, mais aussi conditions d’accueil des cadres japonais. De la qualiteÌ des poissonneries locales
aux services de l’hoÌ‚pital local, tout est analyseÌ , expertiseÌ , compareÌ . De l’autre coÌ‚teÌ , il y a la France qui fait tout pour attirer Toyota, et les diffeÌ rentes reÌ gions et municipaliteÌ s qui reÌ‚vent d’eÌ‚tre choisies. L’Etat veut montrer que le pays deÌ sire la preÌ sence de Toyota et qu’il est digne de sa confiance. Mais qui sont les hommes, les femmes, les institutions qui, dans l’ombre travaillent, neÌ gocient, tentent de convaincre ? Toyota, analyse d’une deÌ cision leur donne la parole. Ambassadeur, conseiller du ministre, maire, sous-preÌ fet, deÌ marcheur de la Chambre de commerce et d’industrie, interpreÌ€te, meÌ diateur... : ceux qui ont travailleÌ activement sur le dossier, qu’ils consideÌ€rent souvent comme le plus gros de leur carrieÌ€re, se souviennent de cette anneÌ e 1997, de la façon dont ils ont veÌ cu le processus. Toyota, analyse d’une deÌ cision ouvre la reÌ flexion sur les meÌ canismes eÌ conomiques, politiques et sociaux qui deÌ terminent la vie des citoyens dans le contexte de la mondialisation. Comment neÌ gocie-t-on ? Les deÌ cisions sont-elles toujours rationnelles ? Quel est le couÌ‚t d’une telle implantation pour le contribuable ?

“Lors des eÌ veÌ nements dramatiques de VW Forest, le ministre-PreÌ sident PicqueÌ deÌ clarait, d’un air deÌ piteÌ , aux journalistes du JT qu’il n’eÌ tait bien souvent gueÌ€re plus qu’un "simple repreÌ sentant de commerce qui, muni de sa petite mallette, attend son tour dans les couloirs d’entreprises" pour eÌ‚tre reçu par des directeurs en vue de leur proposer divers produits alleÌ chants : exoneÌ rations de taxes et autres avantages susceptibles de preÌ server l’emploi bruxellois.†Olivier Hubert, dans Les politiques de creÌ ation d’emploi et d’insertion socioprofessionnelle en ReÌ gion de Bruxelles-Capitale : eÌ tat des lieux et eÌ valuation.

Travailler pour 110 euros par mois

Nora Agapi, Stéphane Luçon, France, Roumanie, 2006

En avril 2005, le Directeur de l’entreprise Sem-Suhner aÌ€ Schirmeck en Alsace deÌ clenche un scandale en France en adressant aÌ€ six employeÌ s licencieÌ s une proposition de reclassement en Roumanie, pour un salaire mensuel de 110 euros bruts. Pour lui la deÌ localisation vers la Roumanie est neÌ cessaire pour se rapprocher des entreprises qu’il doit fournir et des futurs marcheÌ s. Le documentaire part de cette provocation pour proposer une rencontre aux personnes qui l’ont veÌ cue – Français licencieÌ s et Roumains nouvelle- ment embaucheÌ s – et souligner les conditions de vie dans chacun des pays, les comparer. Une des personnes licencieÌ es fait en effet le voyage avec son mari en Roumanie pour voir aÌ€ quoi correspond cette proposition et comprendre comment on peut vivre avec 110 euros bruts par mois. Et ainsi, une proposition absurde devient le moteur d’un veÌ ritable eÌ change.

Ma mondialisation

Gilles Perret, France, 2006

Fonds de pension, deÌ localisation, mondialisation font deÌ sormais partie de notre langage quotidien, mais demeurent des notions abstraites, souvent angoissantes. AÌ€ travers le regard plutoÌ‚t atypique d’un chef d’entreprise de la valleÌ e de la meÌ canique de preÌ cision en Haute-Savoie, Ma Mondialisation raconte cette phase reÌ cente du capitalisme domineÌ e par des meÌ canismes financiers “globaux†et implacables. Victimes de leur succeÌ€s, toutes les plus grosses entreprises de la valleÌ e ont deÌ jaÌ€ eÌ teÌ racheteÌ es par des socieÌ teÌ s financieÌ€res dont l’unique souci est la rentabiliteÌ maximale dans des temps records. Une illustration parfois droÌ‚le, et le plus souvent cruelle, du choc des cultures entre l’industrie et l’univers de la finance.

En Service

Cyril Brody, France, 2006

Ce qui vous deÌ panne - ce qui vous arrange - ce que vous ne savez pas faire - ce que vous faites tous les jours - ce que vous ne pouvez pas faire seul - ce que vous voulez faire depuis longtemps - ce dont vous vous passeriez - ce qui vous emmerde la vie - ce qui vous deÌ gouÌ‚te - ce qui vous ressemble - ce que vous oubliez - ce qui vous deÌ range, vous soucie, vous travaille - ce qui vous plaiÌ‚t - ce qui vous passe par la teÌ‚te - ce que vous avez sur le bout de la langue - ce que vous aimeriez que je fasse avec vous, pour vous... Je le ferai. Votre service d’une dureÌ e maximale d’une demi journeÌ e sera filmeÌ . N’attendez pas pour prendre rendez-vous. En cas d’indisponibiliteÌ , ce service pourra eÌ‚tre donneÌ (mais pas vendu) aÌ€ un tiers de votre choix.†Synopsis du film

K-40

Laurent Van Lancker, Belgique, 2006

Petit essai tourneÌ -monteÌ en Super 8 avec une seule cartouche de pellicule Kodak K-40 pour immortaliser la fin de ce support mythique et la fin du pointage. "La fin du pointage n’est pas la fin du choÌ‚mage. Et la fin du K-40 n’est pas la fin du super 8." Laurent Van Lancker

Ouvrières sortant de l’usine

(Obreras saliendo de la fabrica)
Jose Luis Torres Leiva, Chili, 2005

Quatre femmes, le son des machines, la routine, marcher sur la plage, les vagues, les Frères Lumière, des ouvrières sortant de l’usine.

The Last Customer

Nanni Moretti, Italie, 2003

TourneÌ aÌ€ New York, The last customer s’attache pour sa part au dernier jour d’une pharmacie situeÌ e dans un immeuble voueÌ aÌ€ la destruction et tenue par une famille d’origine italienne. Au centre de ce reÌ cit, une pharmacie new-yorkaise et les sentiments de ceux qui l’ont geÌ reÌ e avec passion pendant deux geÌ neÌ rations : la famille Gardini. Au mois de mars 2002, le vieil immeuble dans lequel la famille a toujours veÌ cu et qui abrite la boutique est abattu. Le dernier jour d’activiteÌ , l’adieu eÌ mu des habitueÌ s, le magasin que l’on vide de ses articles et, enfin la destruction du baÌ‚timent pour ceÌ der la place aÌ€
la construction d’un gratte-ciel.

Tweety lovely Superstar

Emmanuel Gras, France, 2005

Dans une ville, quatre hommes et un enfant sur le toit d’un immeuble. Leur travail : le deÌ truire. Leurs outils : leurs bras et les masses qui les prolongent. Leur labeur de ce jour est leur labeur de chaque jour. La chaleur est eÌ crasante. Les coups rythment d’un son lourd l’avanceÌ e du travail. Temps suspendu.

La reprise du travail aux Usines Wonder

Jacques Willemont, Pierre Bonneau, France, 1968

Ce plan seÌ quence de neuf minutes fit dire aÌ€ Jacques Rivette en juillet 68 "Le seul film inteÌ ressant sur les eÌ veÌ nements (de mai 68), le seul vraiment fort que j’ai vu, c’est celui de la rentreÌ e des usines Wonder, tourneÌ par des eÌ tudiants de l’IDHEC, parce que c’est un film terrifiant, qui fait mal. C’est le seul film qui soit un film vraiment reÌ volutionnaire, peut-eÌ‚tre parce que c’est un moment ouÌ€ la reÌ aliteÌ se transfigure aÌ€ tel point qu’elle se met aÌ€ condenser toute une situation politique en dix minutes d’intensiteÌ dramatique folle". source : MeÌ diatheÌ€que

Lettre à mon ami Pol Cèbe

Michel Desrois, France, 1970

OuÌ€ le ruban d’une autoroute se met aÌ€ enregistrer les penseÌ es.

Le Silence

(Cisza)
Anonyme, Pologne, 2003

Une jeune femme travaille comme hoÌ‚tesse de promotion pour une marque de biscottes dans un supermarcheÌ polonais et propose aÌ€ longueur de journeÌ e des deÌ gustations aux passants.

Ce film est issu de la seÌ rie ‘Le Silence’ reÌ aliseÌ e par des eÌ tudiants de l’Ecole SupeÌ rieure de ReÌ alisation CineÌ matographique Andrzej Wajda aÌ€ Varsovie.

Rencontre litteÌ raire : Des mots pour parler du travail - Avec Dominique Manotti

Anonyme,

Rencontre litteÌ raire avec Dominique Manotti animeÌ e par Mateo Alaluf (Sociologue au Centre de Sociologie du Travail et de la Formation de L’ULB).

Un an apreÌ€s François Bon que nous avions inviteÌ pour parler de son livre Daewoo, c’est au tour de Dominique Manotti de venir aÌ€ notre rencontre pour parler de son engagement et de son dernier livre Lorraine Connection. Dialogue avec une femme lucide et engageÌ e qui n’a pas sa langue dans sa poche. Dominique Manotti, 64 ans, ex-prof d’histoire eÌ conomique du XIX° sieÌ€cle, militante politique et syndicale au long parcours poursuit son Å“uvre de chroniqueuse des temps modernes au moyen de fictions documenteÌ es aÌ€ la perfection, veÌ ritables radiographies de notre socieÌ teÌ . Roman apreÌ€s roman, elle deÌ nonce l’injustice fondamentale des rapports de force entre les faibles et les puissants. Son talent aÌ€ reproduire le reÌ el en lui injectant des doses de fiction n’est eÌ videmment pas sans rappeler la deÌ marche d’Ellroy, filiation qu’elle revendique. Dominique Manotti se distingue par son eÌ criture rapide, efficace et imageÌ e, au service d’une ironie deÌ capante.

“Ceci est un roman. Tout est veÌ riteÌ , tout est mensonge†D. Manotti

Lorraine Connection : “L’affaire commence en 1996 aÌ€ l’usine Daewoo de Pondange, ouÌ€ l’industriel coreÌ en produit des tubes cathodiques. L’installation de l’entreprise dans l’ancien bassin sideÌ rurgique lorrain, totalement sinistreÌ , est une aubaine mais elle a couÌ‚teÌ cher aux pouvoirs publics. Les conditions de travail y sont exeÌ crables, l’hygieÌ€ne et la seÌ curiteÌ sont le cadet des soucis d’une direction pas treÌ€s porteÌ e sur le dialogue social (...).
Souci documentaire : L’incendie criminelle de l’usine et le deÌ part preÌ cipiteÌ de son directeur, qui reÌ apparaiÌ‚t mysteÌ rieusement en Pologne, feront comprendre que l’implantation de Daewoo en Lorraine n’eÌ tait qu’une manÅ“uvre permettant aÌ€ l’entreprise coreÌ enne de jouer sa partie dans le rachat de Thomson, que le gouvernement français a deÌ cideÌ de privatiser.†G.M. dans le Monde des Livres

“Ancienne syndicaliste, Dominique Manotti connaiÌ‚t parfaitement le monde qu’elle deÌ crit.
Elle participe d’ailleurs treÌ€s activement au comiteÌ de deÌ fense du travailleur accuseÌ de l’incendie de Daewoo. Mais cet engagement ne l’aveugle aucunement. C’est avec un reÌ alisme amer qu’elle deÌ crit la condition ouvrieÌ€re du XXI° sieÌ€cle. DeÌ€s les premieÌ€res pages, elle raconte les conditions de travail inhumaines, le manque de seÌ curiteÌ , la reÌ signation des travailleurs. Elle rappelle l’histoire de cette Lorraine qui vibrait au rythme de la sideÌ rurgie avant de s’enfoncer dans la deÌ prime et le choÌ‚mage. Il est loin le temps des grandes greÌ€ves et de la solidariteÌ ouvrieÌ€re. (...) A travers de nombreux personnages dont elle dessine le passeÌ aÌ€ petites touches, l’auteur deÌ crit admirablement la perte des illusions, la reÌ signation, la lutte individuelle pour garder la teÌ‚te hors de l’eau.†(...) Extrait de La fin des heÌ ros du monde ouvrier de Jean-Marie Wynants, in Le Soir du 29 septembre 2006.

En collaboration avec Entrez lire (www.entrezlire.be)

Noël à la chaîne

Cyprien Barbe, France, 2006

“ Ce film, ce sont des instants de vie, celle de mes amis. Ils font la saison des huiÌ‚tres aÌ€ OleÌ ron comme d’autres sont inteÌ rimaires, manutentionnaires ou travaillent aÌ€ la chaiÌ‚ne. Comme nous tous, ils sont plongeÌ s dans cette socieÌ teÌ qui parfois les broie, parfois leur donne de l’espeÌ rance. Mais ils ne baissent pas les bras, releÌ€vent le deÌ fi de ce travail comme ils releÌ€vent celui de vivre la plus belle vie possible dans le seul monde possible, le noÌ‚tre.†Cyprien Barbe

(g)ReÌ‚ve geÌ neÌ rale

Daniela de Felice, Matthieu Chatellier, France, 2007

Un film sur la premieÌ€re expeÌ rience de lutte chez de jeunes eÌ tudiants, sorte de rite initiatique traverseÌ par le deÌ sir de reÌ invention de la socieÌ teÌ , du romantisme de la lutte et du poids de l’heÌ ritage des geÌ neÌ rations preÌ ceÌ dentes. Cette chronique deÌ gage une vigueur et une luciditeÌ hors pair et laisse transparaiÌ‚tre tous les enjeux lieÌ s aÌ€ la lutte et aÌ€ l’engagement chez les jeunes d’aujourd’hui (poids du passeÌ , rapport aÌ€ la violence, peur de l’avenir, deÌ sir d’utopie, reÌ appropriation du langage...).

“ En feÌ vrier 06, le gouvernement français adopte la loi EgaliteÌ des chances dont l’article 8 instaure le CPE : Contrat PremieÌ€re Embauche. Afin de lutter contre le choÌ‚mage des jeunes, le gouvernement de Dominique de Villepin met en place ce nouveau contrat de travail. Le CPE impose une peÌ riode d’essai de deux ans et permet un licenciement du salarieÌ sans motif. Alors que le gouvernement vante la plus grande souplesse de
ce nouveau rapport patron/employeÌ , une partie de la jeunesse française deÌ nonce une plus grande preÌ carisation des conditions de vie dans une socieÌ teÌ deÌ jaÌ€ en crise, et une atteinte au code du travail. Nous terminons un tournage aÌ€ Naples lorsque naiÌ‚t la contestation en France. TreÌ€s vite, nous deÌ cidons de rendre compte de ce mouvement. Nous traiÌ‚nons aÌ€ Rennes puis aÌ€ Paris. Mais nous ne trouvons pas notre sujet. Nous retournons aÌ€ Caen ouÌ€ les eÌ tudiants deÌ marrent l’occupation et le blocage de leur universiteÌ . Dans cette universiteÌ de Province, nous pouvons filmer les eÌ tudiants “de base†dans leur lutte, dans le cadre d’un huis-clos. Nous pouvons filmer “les petites gens de la lutte†dans une de ces centaines de villes françaises, loin des lieux du pouvoir ; ouÌ€ la fac est le lieu des fils d’agriculteurs de l’Orne, de jeunes issus de familles de classe moyenne qui ont travailleÌ aÌ€ l’arsenal de Cherbourg, aÌ€ Moulinex et dans la meÌ tallurgie. Nous choisissons de capter dans le cadre d’un huis-clos la naissance politique d’une geÌ neÌ ration et de montrer comment paradoxalement s’opeÌ€re une filiation, comment se retrouvent, aÌ€ travers cette lutte, les eÌ tapes et les probleÌ matiques mythiques qui ont toujours agiteÌ les mouvements sociaux." Daniela de Felice et Matthieu Chattelier.

Welfare

Frederick Wiseman, Etat-Unis, 1975

Le centre d’aide sociale de Waverly, àManhattan (New York). Welfare, c’est l’Amérique des laissés pour compte et les mille et une petites tragédies quoti- diennes qui mènent des individus àsurmonter leur désarroi face àune institution débordée.

Hanging out Yonkers (rushes)

Chantal Akerman, Belgique, 1973

Lors d’un seÌ jour aÌ€ New-York, Chantal Akerman travaille aÌ€ une commande d’un Welfare center qui s’occuppe de la reÌ insertion de jeunes deÌ linquants et toxicomanes. Le film restera inacheveÌ , et des rushes muets tourneÌ s en 16mm reversal, il ne reste malheureusement plus que ces 27’ muettes. Loin de faire du feÌ tichisme, l’ideÌ e est de faire deÌ couvrir au public ce regard si juste de la cineÌ aste dans ce qui aurait eÌ teÌ son premier essai documentaire. "Cela se passait ailleurs, au bout du monde. Je prenais le subway [...] DeÌ jaÌ€ le trajet eÌ tait treÌ€s inteÌ ressant parce que je traversais toutes les couches de la population. Et puis j’arrivais et j’eÌ coutais et je regardais".

Hôtel Monterey

Chantal Akerman, Belgique, 1973

Film sans reÌ cit, Hotel Monterey est constitueÌ par la description fragmentaire et ascensionnelle du lieu, du Hall au dernier eÌ tage en s’eÌ levant au moyen de l’ascenseur. Plans fixes sur les couloirs, treÌ€s lents travellings avant et arrieÌ€re se focalisant sur les portes et les feneÌ‚tres, et un grand panoramique final balayant la ligne d’horizon entre ciel et buildings. Si l’influence du cineÌ ma expeÌ rimen- tal deÌ couvert juste avant est patente, cette pure captation deÌ limite les scheÌ mas formels aÌ€ l’oeuvre dans ses futures fictions, dureÌ e et seÌ rialiteÌ . DerrieÌ€re les portes closes et le va-et-vient abstrait des clients anonymes se devine un fascinant reÌ servoir de fictions potentielles.

Ecoutes radiophoniques : (M)ondes du travail... - Rencontre avec ZoeÌ Varier

Anonyme,

Ecoute d’extraits d’eÌ missions et rencontre avec ZoeÌ Varier (France Inter).

ZoeÌ Varier, 40 ans, reporter, productrice aÌ€ France-Inter. ZoeÌ Varier a d’abord suivi des eÌ tudes de russe. Au deÌ but de la Perestroïka, elle s’embarque comme interpreÌ€te sur des cargos sovieÌ tiques. En 1991, elle devient reporter puis grand reporter pour l’eÌ mission LaÌ€-bas si j’y suis. Depuis 1998, elle produit ses propres eÌ missions de radio sur France-Inter : Nous nous sommes tant aimeÌ s en 1998, L’herbe tendre en 1999, Ecoutez... des anges passent de 1999 aÌ€ 2004, et ensuite Nous autres.
ZoeÌ Varier a reçu en 1996 le prix Goretta, pour ses qualiteÌ s d’eÌ coute et de respect, décerneÌ par la radio Suisse Romande, en 2003 le prix de la meilleure eÌ mission de reportage décerneÌ par la CRPLF, regroupement des radios francophones. Enfin, en 2004, le prix de la SCAM de la meilleure Å“uvre radiophonique de l’anneÌ e. Entre 2004 et 2006, elle collabore avec le photographe Alexis Cordesse et les anciens salarieÌ s de l’usine LU de Ris-Orangis (Essonne) aÌ€ la reÌ alisation du projet Du Beau Travail !, une installation photographique et sonore qui est aussi un livre paruchez Trans Photographic Press.
Nous autres est diffuseÌ le vendredi de 20h10 aÌ€ 21h sur France-Inter. Entre le portrait, l’auto-portrait et le journal intime, c’est une eÌ mission ouÌ€ chacun deviendrait, en partie, le temps d’une semaine, le narrateur de sa propre vie. Muni d’un petit magneÌ tophone, facile d’utilisation, un jeune prof deÌ butant, une vieille dame vivant seule, un homme aÌ€ la recherche d’un emploi, chacun aÌ€ sa manieÌ€re nous donnera aÌ€ entendre un peu de son quotidien. Pour compleÌ ter cette esquisse d’auto-portrait, il y aura une interview plus fouilleÌ e, plus en profondeur, parce que la radio ne peut se passer totalement du face-aÌ€-face, de l’interview, pour que les choses se disent.

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